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Grèce : Fin de cavale brutale pour les compagnons Marios Seisidis et Kostas Sakkas [Mise à jour 11/08]

jeudi 11 août 2016

Le jeudi 4 août, dans l’après-midi, les anarchistes Marios Seisidis et Kostas Sakkas ont été arrêtés près de la ville de Sparte dans le Péloponnèse après un contrôle routier et une course-poursuite. Ils ont refusé de se soumettre à la prise d’empreintes digitales et de se faire photographier pour l’identité judiciaire [1] et ont été transféré le vendredi 5 août à Athènes où ils sont passés devant le procureur qui a reconnu les accusations suivantes : vol (pour la voiture), usage de faux (papiers d’identité et fausses plaques minéralogiques), rébellion, fausses déclarations et deux infractions au code de la route. Ils doivent passer ce samedi devant le tribunal pour être jugés.
Les compagnons rapportent s’être fait tirer dessus par les flics alors qu’ils n’étaient pas armés, ils ont tous les deux été sévèrement tabassés.

Marios Seisidis était recherché depuis bientôt 10 ans pour des braquages de banques commis par ce que les flics et médias ont appelé « les braqueurs en noir ». Plus précisément, cette affaire concerne - au minimum - sept braquages de banques de 2002 à 2006. Une récompense de 600 000 euros pour leur capture avait été annoncée en octobre 2009, ainsi que sur celles de Giannis Dimitrakis, Simos Seisidis (son frère, blessé par les flics lors de son arrestation et qui sera amputé d’une jambe) et Grigoris Tsironis (aujourd’hui en prison pour l’affaire des « braqueurs de Distomo »). Les co-accusés ont été relaxés de toutes les accusations dans cette affaire. Le compagnon est considéré comme un suspect par les flics pour d’autres braquages de banques de 2011 à 2015, l’affaire des « braqueurs de Distomo », les flics accusant Nikos Maziotis et Vassilis Paleokostas d’être les chefs de cette organisation.

Kostas Sakkas a été arrêté une première fois en décembre 2010 avec Alexandros Mitrousias à Athènes et accusé de participation à la Conspiration des Cellules de Feu (CCF). Il commence le 4 juillet 2013 une grève de la faim pour demander sa remise en liberté en attente de jugement [2], qui lui sera accordée 38 jours plus tard sous conditions. Le 7 janvier 2014, il est arrêté pour violation de sa conditionnelle (les flics craignaient qu’il ne se fasse la belle comme Christodoulos Xiros, membre du groupe 17 Novembre qui n’était pas revenu de permission) mais sera innocenté. Le 15 janvier 2014, un nouveau mandat d’amener est publié contre lui, les juges ayant trouvé de nouvelles preuves quant à sa participation dans la CCF (plus exactement, une empreinte digitale retrouvée sur un sac plastique dans la planque de Chalandri). Malgré cela, il sera remis à nouveau en liberté sous conditions et le 10 février, après n’avoir pas pointé au commissariat, il sera recherché.

Ci dessous un texte écrit hier par des prisonniers de l’aile A de la prison de Korydallos (où sont détenus de nombreux compagnons).


Communiqué de la prison de Korydallos pour Marios Seisidis et Kostas Sakkas

À la nouvelle de l’arrestation des deux individus en lutte Marios Seisidis et Kostas Sakkas, on ne peut que ressentir de la peine. Tristesse que deux anarchistes tombent entre les mains de l’autorité, qui les prive désormais de cette liberté dont ils jouissaient en cavale. Une peine que ressent chacun d’entre nous qui a vécu l’instant de cette privation violente.

Marios Seisidis, visé et recherché lui-aussi dans cette affaire, qui s’avère aujourd’hui être montée de toutes pièces par l’Etat, des « braqueurs en noir », a choisi il y a de ça dix ans le chemin de la cavale, refusant de se rendre et de mettre en gage sa liberté dans les mains de ses poursuivants.

Kostas Sakkas, accusé d’être membre de la CCF sans la moindre preuve contre lui, a été emprisonné puis remis en liberté après une grève de la faim, sous des conditions auxquelles il ne s’est pas soumis, choisissant de vivre tel qu’il l’entend et non suivant des conditions imposées.

Leur traitement vengeur par les flics nous remplit de rage et nous rappelle que la réponse à la répression ne peut être autre que l’intensification de la lutte contre tous ceux qui nous privent de la liberté que nous aimons tant. Nos pensées les accompagnent et nous leur exprimons notre solidarité indéfectible.

Rien ne restera sans réponse ! Bas les pattes des individus en lutte !

Courage à Marios et Kostas !

Initiative de prisonniers de l’aile A de la prison de Korydallos.

[Traduit du grec d’Indy Athenes.]


[Mise à jour 07/08]

Solidarité avec les compagnons Kostas Sakkas et Marios Seisidis

Encore deux arrestations.
Encore une fois où s’alternent la peine et la fierté à un rythme rapide au fil des heures.
Encore deux compagnons dans les mains des flics après des coups de feu.
Encore deux anarchistes en prison dans l’attente de longues poursuites, désormais la norme, enfermés dans le cadre asphyxiant des dispositions légales et des règles de l’administration pénitentiaire.

La peine ne peut néanmoins pas étouffer la fierté que nous ressentons pour deux compagnons qui ont choisis de ne pas devenir la proie des appétits de ces ordures de juges spéciaux, de dépasser leurs peurs et de continuer à décider de leurs mouvements par eux-même.

Bien entendu, nous ne voulons pas dire que le choix de l’illégalité et de la cavale est le seul possible ou honorable pour tous ceux qui résistent face au pouvoir. Mais il ôte assurément au pouvoir un pan du contrôle qu’il exerce ou veut exercer.

Et c’est justement à cette image de toute-puissance de l’Etat que Marios Seisidis et ses compagnons ont porté un coup lorsque l’Etat, pour la première fois, a procédé à leur mise à prix avec un montant exorbitant, prouvant par là tant son impuissance à les arrêter que sa peur de trois anarchistes en cavale.

Nous ne sommes pas seulement nos choix, mais aussi la manière dont nous les défendons. Et les deux compagnons ont défendus le choix de la cavale avec conséquence mais aussi modestie, sans bavardages ni mots creux.

Plus particulièrement, Kostas Sakkas avec sa grève de la faim a cassé dans la pratique les méthodes judiciaires de détention préventive sine die, montrant un chemin pour la revendication de la liberté. Toutefois, il a d’une part essuyé l’exploitation de sa lutte par les (alors) futurs gauchistes autoritaires et de l’autre, la calomnie et la médisance, publiquement, d’une petite partie des anarchistes. Le fait qu’il ait choisi de répondre avec sang-froid à la boue qu’il recevait a empêché que soit remuée la vase d’internet, les ragots et les intrigues. Au final, les gauchistes aujourd’hui administrateurs du pouvoir [Syriza] qui ont alors détourné la grève du compagnon afin de bâtir leur profil anti-système, se sont retrouvés « exposés » par le choix de partir en cavale de Kostas, leurs porte-paroles l’accusant après-coup d’avoir « exposé le mouvement de solidarité ».

Après les arrestation de Kostas Sakkas et Marios Seisidis, s’ensuivirent les déclarations émétiques et connues de ministres et députés pour l’imposition de la légalité et autres. Depuis maintenant longtemps, Syriza démontre qu’il mérite la confiance qu’il a gagné auprès de pans du capital national et international, et de la petite classe moyenne - appauvrie à cause de la crise.

L’asphyxie économique va de pair avec la version de gauche du dogme Loi et Ordre, les accords pour la limitation des réfugiés et les expulsions d’occupations, ainsi que les poursuites qui ont suivies contre les personnes solidaires des réfugiés squatteurs, nous montrent que nos perspectives de solidarité anti-autoritaire doivent être mises sur la table encore et encore. Nos structure légales ou illégales ne sont pas qu’utiles, mais nécessaires, et malgré les coups que nous recevons, nous devons seulement les rendre partout où nous nous rencontrons.

Jusqu’à la fin, jusqu’à la victoire…

5 août 2016,
des anarchistes de l’aile D de Korydallos.

[Traduit du grec d’Indy Athènes.]

Affiche du début des années 2000, alors que l’affaire des dits « braqueurs en noir » était surmédiatisée. On peut y lire « Voilà les voleurs en noir », désignant quelques patriarches orthodoxes grecs.

[Mise à jour 11/08]

Les deux compagnons ont été transféré dans deux prisons différentes, loin d’Athènes, pour réduire proximité et solidarité.
- Marios Seisidis est incarcéré à la prison de Malandrino
- Kostas Sakkas à la prison de Domokos
Les deux passeront en procès le mercredi 17 août concernant les circonstances de leur arrestation à Sparte.


[1A noter que le fichage ADN est assez peu courant en Grèce ; NdT.

[2La détention préventive en Grèce est de 18 mois maximum. Au-delà, soit les personnes sont relâchées dans l’attente du procès, soit les juges sortent de nouvelles affaires juste avant la fin de la préventive afin de relancer un autre cycle de 18 mois d’enfermement (comme cela a pu se passer pour les compagnons dans l’affaire de Velvento) ; NdT.