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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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A propos de l’instrumentalisation de la question de l’attaque et de la dissociation pour régler des comptes personnels

vendredi 7 juin 2019

Voici d’abord un résumé du texte qui suit dont la lecture suffira pour prendre connaissance de l’essentiel de son contenu, qui développe plus en détails et en arguments pour celles et ceux qui en auraient besoin :

L’Edito du n°3-4 de la revue anarchiste Des Ruines sorti cette année et signé Aviv Etrebilal se retrouve sous le coup d’une accusation de « dissociation » (rien de moins) suite à la lecture critique d’un communiqué associé à une attaque d’antennes relais ayant eu lieu le 22 août 2017 à Orbeil.
Aviv Etrebilal et d’autres contributeurs de
Des Ruines réaffirment (puisque cela semble absurdement nécessaire) leur solidarité avec l’acte en question et la pertinence de la cible choisie (mais comment en arrive-t-on à devoir écrire des évidences pareilles !). Mais pour qui et pourquoi l’avis d’Aviv Etrebilal devient-il si important en toute occasion ?
Il a semblé nécessaire et pertinent dans le cadre de cet édito de faire une lecture critique du communiqué en question, longtemps après sa publication, et tout en restant solidaires des actes et des personnes, non pas parce qu’il revendiquait une attaque mais parce qu’il se prononçait contre l’attaque de ce monde (les rédacteurs disent ne pas avoir « la perspective d’ouvrir une brèche dans la normalité pour qu’advienne la révolution sociale »). A tort ou à raison (il s’agit bien d’une analyse développée et non d’un ressenti indiscutable par principe), ce point de vue a semblé s’inscrire dans une tendance lisible dans d’autres textes et communiqués.
L’accusation de « dissociation » qui incrimine cette critique est d’abord portée depuis un endroit où, il y a 3 ans, était défendu justement que la dissociation concerne le rapport avec l’acte mais que ce serait « une monstruosité théorique » d’en tirer que rien ne peut être critiqué de ce qui s’énonce dans les communiqués.
Elle est réaffirmée dans un autre texte provenant du blog « Attaque », blog sournoisement volé au compagnon visé par ces calomnies (on expliquera brièvement dans ce texte pourquoi, quand, comment).
Il est dangereux d’instrumentaliser ainsi, et ce depuis quelques années, la question de l’attaque (voire l’attaque elle-même pendant une courte période de désorientation totale) à des fins peu avouables n’ayant vraiment rien à voir avec l’attaque de ce monde, mais tout à voir avec la malveillance contre des compagnons et des révoltés.
On précisera aussi en annexe quelques points nécessaires à propos des luttes contre les frontières et les CRA qui se retrouvent embarquées dans cette mayonnaise par instrumentalisation connexe et qui ne méritent pas davantage ce traitement malveillant, politicien, et opposé aux luttes directes contre l’existant et ses frontières de mort.

Absurdité ! Morbidité ! On persiste et signe.

A la suite, donc, des détails pour ceux qui en auraient besoin.


Deux textes (deux 4-pages sous forme de pdf publiés tout deux sur Indymedia Nantes après publication sur les blogs « Sans Attendre Demain » et « Attaque ») sont sortis récemment [1], prétendant régler enfin définitivement son compte à une signature, « Aviv Etrebilal », sous divers motifs dont un sérieux en lui-même mais appliqué ici plus qu’à la légère : la question de la dissociation. Ces deux textes s’appuient sur la lecture pointilliste et malveillante de quelques lignes de l’Edito de la revue Des Ruines n°3-4 et sur l’un des textes d’une brochure éditée chez Ravages Edition intitulée La poussière, la pourriture et le mouvement, et cheminent sur une voie ouverte par diverses rumeurs et invectives dont certaines prennent des allures de pamphlet d’extrême droite, avec jeux de mot stigmatisant sur les noms (« Aviv Etrebigleux : effectivement le compagnon incriminé a des problèmes de vue… quelle grosse merde !), affichage d’identité sous le nom de plume, et révélation des projets auxquels participent les compagnons de façon anonyme, etc., utilisant l’anonymat d’internet pour violer l’anonymat d’autres anarchistes. Une pratique très anarchiste sans doute qui met à profit les possibilités de trollage de la virtualité, en toute radicalité, sans délation ni dissociation, bien sûr, hormis le déballage de la vie privée de quelqu’un qui par ailleurs ne manque pas d’attention de la part des services de police et de justice, mais ce n’est sans doute pas dissociatif de procéder ainsi, puisque ceux qui désignent quasi nominativement se pensent « anonymisés » par le clavier et l’écran. L’anonymat de la balance lui assurerait-elle l’absence de conflit intérieur avec ses principes supposés ? Nous laissons aux premiers concernés le soin de répondre à ces questions que posent leurs pratiques, pour le moins « transgressives » d’un point de vue anarchiste, puis-qu’ouvertement policières et autoritaires.
Ces deux textes, dont aucun ne mérite au sens strict de réponse tellement la malhonnêteté sue de tous leurs pores, prétendent alerter sur un dévoiement de l’anarchisme et sanctionner des propos « dissociatifs ». Ils cherchent à focaliser la lecture d’une revue de plusieurs centaines de pages élaborée sur plusieurs années sur quelques lignes en en guidant de manière très malsaine la lecture. Et effectivement, on peut reconnaître en ce moment les bons élèves du milieu à un bien étrange manège : ils empoignent la revue avec un empressement réprobateur, chaussent leurs œillères, déjà imbus de la rumeur qui court, tournent les pages avec une radicalité certaine dans le geste, jusqu’à débusquer page 5 le paragraphe maudit. Satisfaits du devoir accompli qui assoit une certitude déjà acquise, ils referment l’ouvrage pour vaquer à leurs occupations diverses, en se promettant de confirmer et propager la rumeur, en bons soldats obéissants de leur groupe social. Ayant sans doute vérifié que le paragraphe en question se trouve bien en page 5, ce qui est indiscutable et prouvé, ils sont alors prêts à confirmer la rumeur qu’il est dissociatif, comme on leur a suggéré de le penser (certainement en toute autonomie individuelle…).
« Aviv Etrebilal n’est plus anarchiste ! Au secours ! Infiltration ! Alerta ! Prévenez donc le ban et l’arrière ban d’ici et d’ailleurs ! C’est un dissocié, un ennemi de l’anarchisme, qui a un nom, une adresse, des compagnons et camarades qu’on peut aussi attaquer ! »
Mais alors… c’est donc ça pour vous attaquer ce monde ?

Alors, compagnons, je vais vous demander de vous reculer d’un pas pour regarder l’ensemble du tableau et pour que vous puissiez envisager la réalité du scandale, d’un scandale qui se construit peu à peu depuis quelques années, de ce scandale justement que l’édito de Des Ruines cherche entre autres à définir et analyser, et qui vous transforme, vous, si bons anarchistes qui répandez ces calomnies, en une bande de trolls-lyncheurs comme il y en a de plus en plus. Ce scandale, c’est l’instrumentalisation de la question de l’attaque, et ici en plus de la dissociation, à des fins de règlement de compte personnels.


 I) MISE AU POINT À PROPOS DES POSITIONS DÉFENDUES DANS L’EDITO DE DES RUINES n°3/4 

 a) A propos des attaques

Je suis, nous sommes et nous serons toujours du côté de celles et ceux qui attaquent ce monde, ses pylônes, ses rapports, ses agences, ses prisons, ses usines. L’Edito de la revue, les textes signés Aviv Etrebilal, les autres textes publiés ne sont « éclectiques » (puisqu’on nous le reproche) que parce qu’ils s’attachent à diffuser des points de vue intéressants, pertinents, d’où qu’ils viennent (c’est-à-dire « même des pas-anarchistes » !), qui peuvent être utiles à l’attaque de ce monde, ses pylônes, ses rapports, ses technologies, ses agences, ses prisons, ses usines et ses bons citoyens lyncheurs.

Nous n’avons jamais critiqué ce type d’acte, et celles et ceux qui me et nous connaissent savent à quel point je défendrai ces attaques, comme je l’ai fait toute ma vie, que ce soit au tribunal, en taule, au commissariat ou dans n’importe quel autre endroit. Certains d’entre nous ont été bien plus mis à l’épreuve de se dissocier par l’État, au prix de leur liberté, et sans jamais en emprunter le début du chemin, que ces quelques calomniateurs qui ne font que créer de l’agitation avec leurs petits claviers et leurs doigts courageux. Il n’y a donc rien à trouver dans l’Edito de Des Ruines, ou ailleurs dans la revue, ou dans les autres textes signés « Aviv Etrebilal » qui critique ces actes, ou leurs objectifs.
La pertinence de l’attaque de tout ce qui permet la virtualité dans ce monde a été d’ailleurs amplement développée dans l’Edito pareillement signé du n°2 de la revue, Du papier dans la bouche, dans lequel nous nous réjouissions des attaques, entre autre, contre les antennes relais qui permettent les modes de communication aliénés produits par ce monde et reproduit par ses habitants, mais aussi contre la toute-puissance de la virtualité, qui mène justement à ce genre de dérapages harcelants visant uniquement à salir une réputation dans des cadres de « toute-puissance » virtuelle, ici chez quelques militants anarchistes (qui pensent avoir dépassé le militantisme et la modernité en attaquant leurs compagnons plutôt que l’État).

Alors, sans doute parce que c’est une évidence développée à de nombreuses reprises ailleurs, peut-être manque-t-il dans le paragraphe incriminé un récapitulatif intégral des positions pourtant claires et connues de tous que nous défendons concernant l’intérêt d’attaquer des pylônes (et les prisons, et les usines, etc.) ? Il se trouve qu’il nous arrive d’écrire autre chose que des listes d’objectifs possibles et de penser autrement qu’à coup de slogans. L’edito du double numéro 3 et 4 incriminé, n’est que la suite de celui du n°2 qui était lui-même la suite du précédent. Le fait de tronquer ces textes de la sorte, pourtant numérotés, n’est qu’une énième preuve de la mauvaise foi en présence. Et nous attendons déjà une critique du prochain nous reprochant de ne pas parler, disons, des technologies de reconnaissance faciale, et donc d’être favorable aux technologies de reconnaissance faciale. Car en effet, c’est un peu comme si on reprochait à quelqu’un qui défend l’attaque des pylônes de ne pas défendre l’attaque des prisons, et si on en tirait que quand même c’est bizarre et que sans doute il est pour les prisons s’il ne défend pas en chaque occasion qu’il faut les attaquer…
La suite de ce texte confirmera que précisément là n’est pas la question dans la mesure où, sérieusement, cette question-là ne se pose même pas puisque… Nous sommes toujours du côté de l’attaque de ce monde.
Voila pour ce qui concerne les actes.

 b) A propos de la lecture critique d’un communiqué

Passons donc maintenant au communiqué de 2017, qui fait effectivement l’objet dans cet édito d’une lecture critique dans le cadre d’un raisonnement, d’une réflexion argumentée à propos, comme l’indique le sous-titre du texte « de la morosité ambiante, des ’’premiers concernés’’, de l’activisme, de l’influence de l’université et des coups portés aux révolutionnaires en période d’austérité et d’identité ». Aucune parole ne fait pour nous évangile, pas même anarchiste, et quiconque cherche à enlever son caractère subversif à une attaque contre ce monde (même ses « auteurs » en tant que tels), ne serait en mesure de se plaindre que des partisans de la subversion critiquent ce qu’ils énoncent, de façon tout à fait solidaire avec leurs actes, quelques années plus tard, et sur des questions d’ordre purement théoriques, en se demandant par exemple : « les attaques sont elles réalisées contre ce monde ou pour se faire plaisir à soi même ? », et ce, alors que personne n’est en cavale ou sous les mains des flics ou des juges pour cette courageuse attaque. Poser cette question n’enlève d’ailleurs rien à la pertinence de la cible attaquée…
Le point de vue de l’Edito, que nous invitons à relire (il est en ligne ici), c’est que cette question devient nécessaire parce que des positions qui semblent opposées ou contraires à la perspective d’attaquer ce monde peuvent s’exprimer même en attaquant. Il cherche à comprendre ce paradoxe, qui se donne à voir précisément dans les textes des communiqués et nulle part ailleurs, par définition. L’exemple choisi est volontairement assez éloigné dans le temps et l’espace pour que la question concrète de se dégager des premiers regards des enquêteurs ne se pose pas (contrairement à l’exemple cité plus bas… qui met justement en cause l’un des accusateurs actuels).
Même si on veut visiblement empêcher tout le monde de se la poser un peu sérieusement, cette question existe et certainement qu’une multitude de réponses sont possibles une fois qu’on peut se la poser.
De notre côté, nous réaffirmons qu’attaquer ce monde pour ouvrir des brèches dans la normalité et se faire plaisir ne sont pas contradictoires contrairement à ce que ce communiqué développe, nous affirmons simplement que la première perspective nous semble primordiale et la seconde intime et propre à chacun. Être exhorté à ressentir les mêmes raisons personnelles, le même plaisir et la recherche d’un même « bonheur » qu’un ou plusieurs autres individus, qui devraient pourtant leur être propres, est une chose désagréable pour quiconque ne s’inscrirait pas dans cette façon pour tout dire normative d’envisager l’attaque, l’individu et la vie en général, et qui n’accepte pas la singularité individuelle. Un « bisou » peut tout aussi bien être affectueux et bienvenu que dégueulasse ou incestueux, c’est aussi là que se trouve la question de l’individualité pour nous, anarchistes de tradition individualiste et illégaliste, dans la possibilité de ne pas se faire dicter ses émotions, ses ressentis, et par extension, des lois.
Après tout, ce que chacun ressent le regarde, tandis que la destruction du pylône nous regarde tous, et c’est bien de l’attaque que nous sommes solidaires et non du plaisir ressenti par tel ou tel à tel ou tel moment, et qui ne nous regarde pas plus que ça. Évidemment, et nous n’avons jamais dit le contraire autrement que dans des récits manipulatoires et pervers fabriqués de toute pièce par quelques esprits frappeurs du net, nous sommes et nous serons tous les jours et pour toujours solidaires de l’acte et favorables à sa diffusion, car pour nous, c’est ce qui compte le plus dans chaque acte, qu’il se diffuse plutôt qu’il s’applaudisse ou qu’il ait été relaxant et épanouissant pour ses auteurs, à vrai dire nous ne voulons même pas le savoir et nous pouvons déplorer parfois cette manie de livrer en pâture (à tout le monde…) des informations sur soi et son ressenti dans des communiqués de ce type. Cela n’empêche bien sûr personne de faire ce qu’il veut comme il l’entend, ni nous d’émettre des doutes sur cette hybridation post-moderne de l’alternative et de l’attaque, et cela en tant qu’anarchistes et révolutionnaires (et opposé aux pylônes, aux usines, aux prisons….. euh… aux écoles aussi et aux préfectures et sous préfectures, mairies, points d’accès au droit… en avons-nous oublié ? Nous le saurons sans doutes sur Indymedia Nantes). Loin de nous l’idée d’empêcher d’applaudir celles et ceux qui le souhaitent, « chacun fait ce qu’il veut de son temps libre » comme on dit chez les anarcho-libéraux et les libéraux tout court. Mais nous mettons, devant la nécessité qui revient aux individus de trouver des voies vers le « bonheur » (si une telle chose existe), la nécessité de détruire ce monde et de mettre l’autorité à feu et à sang sur la base d’une libre-association capable d’entendre l’altérite individuelle plutôt que de vouloir imposer sa propre individualité (ou pire, son modèle d’individualité) contre celle des autres. L’attaque est nécessaire pour infliger des dégâts à l’ennemi identifié et montrer par elle même sa propre possibilité, peut être que s’y ajoutent des raisons personnelles qui regardent les uns et les autres, nous n’avons pas forcement à les révéler ou même à les connaître.
Bien que le communiqué en question ait eu le mérite d’exprimer sa solidarité avec Kara et Krem, incarcérés dans le cadre d’une affaire qui concerne et parle à tous les révoltés (prouvant ainsi, contrairement à certaines affirmations, que les actions ne sont pas faites que pour soi-même), il affirmait également que cette attaque n’avait « pas la perspective d’ouvrir une brèche dans la normalité pour qu’advienne la révolution sociale. Si cet espoir nous a un jour étreint, il est désormais mort dans nos cœurs. » Un communiqué qui prenait donc lui-même bien plus de distance avec l’acte et ce qu’il représente en terme d’attaque contre ce monde que quiconque.
De notre côté, nous voyons cette attaque d’antennes relais comme une brèche salutaire dans la normalité, quoiqu’en pensent ses auteurs, et c’est à ce titre que nous sommes solidaires, cela nous regarde contre le gré de quiconque s’il le faut, car nous sommes toujours du côté des brèches dans la normalité.
Il y a donc des choses qui sont importantes pour nous comme, objectivement, pour les auteurs de cette attaque (a minima, attaquer ces antennes), mais est-ce encore bien le cas de nos pseudo-« critiques » et de leurs « textes » absurdes et morbides ?

Encore une fois, une attaque, et, au-delà, l’énonciation de points de vue sur la question de la dissociation, sont utilisés pour régler des comptes privés avec l’impudeur habituelle des intrigants, anciens minions, nouveaux roquets. Voyons donc maintenant comment l’accusation de « dissociation », bombe sale s’il en est, se retrouve complètement déconnectée du souci d’en finir avec la dissociation ou même de poser ou se poser des questions à ce sujet. Elle n’est utilisée, elle aussi, que pour régler des comptes privés et des enjeux de pouvoir immondes au sein d’un milieu qui se prétend contre le pouvoir en profitant de biais cognitifs manipulatoires et grotesques.


 II) D’OÙ PROVIENT DONC CETTE AGITATION DE LA QUESTION DE LA DISSOCIATION ET DE L’ATTAQUE COMME MOYEN DE DISCRÉDITER UN COMPAGNON ?

 a) L’aire homogène de l’anarchisme « invariant » parisien dont on va voir qu’il varie nettement d’une position à son contraire sur la question… de la dissociation justement

D’un même endroit où se défend la « pureté » idéologique et « l’invariance anarchiste » émanent deux points de vue contradictoires : en 2016, le droit inaliénable de critiquer les communiqués d’attaque (pour défendre le fait de l’avoir fait le lendemain d’une attaque dont le communiqué précisait qu’il y avait des blessés et des gens en cavale), et en 2019, l’affirmation que critiquer le communiqué d’une attaque (même 2 ans plus tard dans une revue) serait forcément dissociatif. Mais pourquoi donc tant d’incohérence et de variance chez les invariants ?

Précisions qui ne manquent pas de sel :
En juin 2016, une polémique éclate entre les deux blogs « Attaque » (voir plus bas pour l’histoire de ce blog qui pimente savoureusement le récit) et « Brèves du Désordre » (hébergé par le site du journal « Cette Semaine »), suite à une attaque contre le siège de la CGT à Montreuil (93) effectuée (selon la presse, seule source au départ) « dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 juin par des individus encagoulés qui ont cassé plusieurs portes et vitres […] De sources policières, deux personnes ont effectivement franchi les grilles munis de marteaux vers 23 h 30. Ils ont cassé entre sept et huit vitrines avant d’être mis en fuite par les vigiles. » (AFP). Cette courageuse attaque, en plein mouvement contre la Loi Travail, sera relayée sous la forme d’une dépêche de presse du Monde/AFP sur le site « Brèves du Désordre ». A ce moment l’attaque n’est pas encore revendiquée, elle le sera peu de temps après, par « Une cellule parmi tant d’autres… », qui affirme notamment : « malheureusement, suite à cette action, faite dans un lieu sous haute surveillance, nous sommes tou(te)s gravement bléssé(e)s. Nous avons tou(te)s réussi à échapper au flics grâce à la complicité de celleux présent(e)s dans la rue qui nous ont applaudi et qui ont couvert notre retraite ». Une affirmation inquiétante qui aurait dû provoquer une certaine circonspection de la part de quiconque aurait un avis critique urgent à exprimer sur l’action ou le communiqué. « Brèves du Désordre » ne reprendra pas le communiqué en question, préférant le remplacer par une note de son cru critique du communiqué tout en maintenant comme seule source de l’attaque la dépêche Le Monde/AFP précédemment citée plutôt que la revendication de cette même attaque par des anarchistes. Ici ou là, on parle déjà de « dissociation » pour le cas « Brèves du Désordre » lorsque paraît le 29 juin 2016 sur Indymedia Nantes le texte « Paris : Loi Travail. Précisions sur l’attaque du siège de la CGT revendiqué en solidarité avec la CCF et à propos de la “dissociation anonyme” », signé « quelques anarchistes, aujourd’hui anonymes… », et qui affirme : « en plein battage politico-médiatique, le site anarchiste les “Brèves Du Désordre” se dissocie publiquement des compagnons-nes sous prétexte qu’une action telle que celle-là n’a pas à être revendiqué et que les perspectives en terme de solidarité des compagnons-nes ne leur plaisent pas. », repris le jour même sur le blog « Attaque » (alors déjà volé, voir plus bas). Celui-ci rajoute une note extrêmement accusatoire à l’égard de « Brèves du Désordre » dans laquelle il parle directement de « dissociation » : « pendant que d’autres se dissocient, nous soulignons notre complicité avec les révoltés acteurs de cette très belle attaque ! […] Nous affirmons qu’il est intolérable de se dissocier de compagnons-nes en fuite, blessé(e)s et sous le feu des médias, dans le seul but de valoriser sa propre stratégie de communication/propagation de l’idée subversive. » La polémique ne s’arrêtera pas là, et l’accusation de dissociation, formulée par les auteurs de l’attaque et par le voleur du blog « Attaque », se propage, à l’exception du site Non Fides qui choisit de ne pas parler de « dissociation », et publie une mise au point introductive dans la confusion des accusations et réponses : « Pas besoin de mobiliser l’infamie ou les italianismes désuets en parlant de ’’dissociazione’’ [2] et autres termes accusatoires pour s’éviter de penser. […] Or, nous avons choisi nos mots avec soin. Et aucune réfutation n’a été fournie à nos arguments, par exemple : ’’Quelles que soient les manières de faire, d’en parler, de ne pas en parler, de revendiquer, de ne pas revendiquer, face au pouvoir et sa répression, ce genre de divergences n’ont pas lieu d’apparaître publiquement, même sous le feu de la panique et de la distinction narcissique.’’ Quid de cela ? Quid du fait d’annoncer par voie de critique sur un blog situé, et non pas de façon anonyme (pour qu’elle appartienne à tout le monde et que son nom soit personne), une critique publique d’une attaque, alors que le verre n’a pas encore été nettoyé du siège de la CGT de Montreuil, sur un site qui accuse tout le monde de « dissociation » (avec moins de pincettes que ce qu’il exige aujourd’hui à son égard…) à droite à gauche depuis longtemps ? » Nous partageons cette distinction. Pour nous les « Brèves du Désordre » ne se sont pas « dissociées » en 2016, si cela veut encore dire quelque chose pour quelqu’un, cela ne voudrait rien dire historiquement. « Brèves du Désordre », logé par les flics en région parisienne, s’est distancié d’une attaque juste après qu’elle ait eu lieu, alors que des compagnons étaient probablement en fuite dans une rue pas bien loin, c’est autre chose que de la dissociation, on pourrait parler d’une distanciation, avec la spécificité d’apparaître sous la forme d’une critique à chaud et non-anonyme, le lendemain des faits, et alors que les auteurs de l’attaque affirmaient dans un communiqué qu’ : « iles étaient gravement blessé(e)s, traqué(e)s par les flics et en clandestinité ». « Brèves du désordre » à l’époque aurait certainement appelé ça d’un autre nom bien plus infamant, si ce point de vue ne s’était pas exprimé… sur ce blog.
Se sentant sous le feu d’une accusation de dissociation par rapport à l’action de la CGT, « Quelques contributeureuses aux Brèves du désordre » publie donc un texte d’où sont tirées les deux citations ci-dessous, en s’attaquant principalement par erreur de perception et de calcul, ou par choix (ce qui est peut être plus grave encore qu’une « dissociation ») aux seuls compagnons qui ne l’ont pas traité de « dissocié ». Paraît alors en réponse sur Non Fides le texte « Sans chichi - Réponse à des contributeureuses qui appartiennent à tous et à qui tous appartiennent » qui tente de remettre un peu de clarté dans ce capharnaüm, qu’on agite aujourd’hui à nouveau, dans toute sa confusion, et toujours en galvaudant des questions d’une importance primordiale.

« Affirmer qu’il est inacceptable par principe de critiquer publiquement un communiqué de revendication qui n’émane pas d’un sigle récurrent, surtout lorsqu’on défend l’acte, sans quoi on met déjà un pied dans une mécanique délatoire (c’est cela que signifie « dissociation d’un communiqué ») et que seul doit donc régner le silence ou les applaudissements, voilà bien une monstruosité théorique. »
Sur des parangons de (petite) vertu, Quelques contributeureuses aux Brèves du désordre, 2016.

« A partir du moment où le partage et la défense publique d’une attaque sont on ne peut plus clairs, pondre un concept aussi spécieux que celui de « dissociation d’un communiqué » revient à verrouiller par avance tout débat possible, dont celui de la solidarité critique ou de l’appui non inconditionnel aux revendications, en accordant de surcroît une prime au geste sur l’idée, alors qu’ils devraient s’alimenter mutuellement. Le mot dissociation n’a rien à faire ici, à moins de vouloir semer encore plus de confusion dans les esprits, car la réelle pomme de discorde [3] devrait tout simplement se nommer critique d’un communiqué de revendication anarchiste au nom singulier (« Une cellule parmi tant d’autres… ») à partir d’une autre position anarchiste singulière au sein de la guerre sociale »
Sur des parangons de (petite) vertu, Quelques contributeureuses aux Brèves du désordre, 2016.

A lire ces citations de 2016 et le texte d’insultes grotesque pondu récemment [4] à notre égard, on croirait rêver. Eh oui, encore un quatre page, et cette fois-ci on ne fait plus semblant, plus de vernis anarchiste sur des occasions opportunément trouvées pour balancer des compagnons, que de la poubelle, des jeux de mots sur les noms des gens et autres modes d’expression harcelants de l’extrême droite.
On ne peut que constater que, en 2016 comme aujourd’hui, les deux positions contradictoires sur la question de la dissociation n’ont que deux raison d’être : se dédouaner de positions pourtant tenues et discréditer la même personne, peu importe qu’il faille dire une chose (en 2016) et son exact contraire (aujourd’hui) pour parvenir au résultat souhaité, et peu importe qu’au passage les questions de la dissociation et de l’attaque ne soient plus que des moyens d’y parvenir. L’invariance est donc sur la calomnie, les positions elles-mêmes ne sont dictées que par l’air du temps.

Passons maintenant à la deuxième source de l’anathème.

 b) Le blog « Attaque » et le texte fallacieusement intitulé : « A propos d’attaques contre des nœuds sensibles de ce monde ultra-connecté (Juin 2017-Mai 2019) »

(fallacieusement puisque le titre et la chronologie des attaques sont complètement incongrus et utilitaires dans un texte qui ne sert qu’à discréditer Des Ruines et Aviv Etrebilal mais ne commence à le faire qu’à la page 5 !).

Une histoire qui ne manque ni de sel ni de piment :
J’ai initié le blog « Attaque » il y a plusieurs années avec une autre personne. Nous avons fait annoncer la création de ce site en mars 2014 sur les sites « Paris Luttes Info » [5] et « Non Fides » [6]. La volonté était de compléter les sites de publication de textes et points de vue théoriques déjà existants en proposant un site qui relaie les attaques ayant lieu sur le territoire dominé par l’État français, celles d’ailleurs en solidarité avec des révoltés d’ici et des traductions des attaques qui ont lieu ici pour celles et ceux d’ailleurs, forts de l’insatisfaction provoquée par d’autres blogs de la même aire à l’époque, et dont nous trouvions la sélection trop sélective, voire problématique. Il s’agissait donc modestement (après tout nous ne parlons que d’un blog…) de donner de la visibilité aux attaques contre ce monde pour celles et ceux que cela intéresse. Les débuts du blog se sont bien passé puisque plusieurs personnes ont commencé à y contribuer ponctuellement, par des traductions ou des textes, et il a ainsi réussit à devenir un peu de ce qu’il projetait de devenir. Face à la charge de travail nécessaire à l’entretien régulier de ce blog avec ses ambitions de l’époque, les codes du site seront ensuite partagés auprès d’une troisième personne, que l’on a considéré alors (par erreur vu la suite) comme « de confiance », pour qu’elle commence à y contribuer. Cette personne a profité de la confiance qui lui a été accordée pour commencer par publier des contenus avec lesquels j’étais en désaccord sans qu’aucune discussion ne puisse aboutir à se mettre d’accord, puis a, un jour, sans prévenir les autres administrateurs, changé les codes d’accès du site et du mail de manière à être le seul à pouvoir y accéder, ce qui est purement et simplement du vol. Ainsi je n’ai plus accès au blog « Attaque » ni à la boîte mail depuis mi-juin 2016 . Je n’ai même pas pu prévenir mes correspondants de l’arrêt de conversations en cours. Cette personne que nous appellerons en toute logique le Bernard l’Hermite, profite bien évidemment de la situation pour essayer autant que faire se peut de me mettre en difficulté compte tenu du fait que peu de gens sont au courant de ce qu’il s’est passé, et que je me retrouve contraint bien malgré moi de développer ici (à mon sens, ces petites histoires minables n’ont pas à être publiques).

Le site continue alors d’être mis à jour par celui qui se l’est « approprié », en ayant changé radicalement de perspective (voir plus bas) et de contenu. La raison invoquée ? Aucune, pas d’explications aux lecteurs sur tous ces changements très contradictoires sur lesquels nous revenons juste après, puisqu’à ce moment là on préfère tirer profit tant que possible de la situation d’imposture et parce que, alors comme aujourd’hui, il s’agissait autant d’exister que de me nuire, ou plutôt d’exister par le fait de me nuire, sinon pourquoi ne pas créer son propre blog ? C’est réussi, puisque certaines frasques de ce blog m’ont bien évidemment été attribuées ici ou là, et en particulier dans ce même texte qui ose reprocher, à Aviv Etrebilal qui n’a jamais rien diffusé de tel [7], : « C’est quand même étonnant de constater qu’Aviv Etrebilal qui, il y a quelques années, relayait des attaques revendiquées par des groupes révolutionnaires grecs ou de diverses cellules d’attaques de la FAI ou des CCF. »… qui est diffusé là d’où on sait très bien, et pour cause, que ces communiqués ont été postés après le vol du blog … ! (et ne parlons même pas du fait qu’Aviv Etrebilal, jusqu’à la publication de ces textes « anarchistes », n’avait rien à voir avec le blog « Attaque », qui était anonyme et attribué à personne, mais balancer est certainement une autre des belles choses à mettre au goût du jour d’un point de vue anarchiste).
Il s’agit d’un retournement de veste en bonne et due forme accompagné de son cortège de trahisons radicales, humainement détestables et pires que tout d’un point de vue anarchiste. Circule alors une prose venimeuse dirigée contre ma personne et contre ma personnalité, et on s’associe sans vergogne contre moi à ceux auxquels on s’opposait avec virulence la veille avec moi. C’est ce qu’on appelle se livrer avec armes et bagages à un ennemi contre lequel on a toujours cherché à être plus virulent et radical que les autres. Poses pathétiques.

La ligne éditoriale du blog « Attaque » change donc alors drastiquement, et sans explications, sur la forme, et c’est bien plus grave, sur le fond. Nous profitons de ces quelques lignes pour éclaircir en quelques points les changements qui ont eu lieu suite au vol du blog et affirmer quelques positionnements sur cette ligne éditoriale dont nous nous « dissocions » (eh oui..) puisqu’elle nous est ou nous a été, et nous le comprenons étant donné les circonstances, associée  :

  • On soulignera notamment la prolifération de commentaires virilistes et anarcho-« grosse couille », souvent mal contrebalancés par des formes de féminisation linguistiques incohérentes et des slogans maladroits. C’est toujours à des « gars » que l’on dit « bravo ! » et que l’on félicite sur ce blog pour les attaques effectuées (comme si d’ailleurs les personnes qui attaquaient avaient besoin des félicitations ou des applaudissements d’un fanclub sur internet). Par exemple, pas besoin d’aller plus loin que les « commentaires » ajoutés entre crochets par le voleur de blog au communiqué de revendication de l’attaque du siège de la CGT à Montreuil dont nous parlions plus tôt pour y trouver ce ridicule « [Bravo, les gars ! NdAtt.] » devenu habituel, et sur quantité d’autres « articles », souvent ponctués de commentaires grossiers, sexualisants et peu subtils et dont on se serait bien passé, avec ou sans crochets, puisqu’ils partent du principe que l’attaque serait un truc de mec (absurdité, morbidité, etc.). De façon plus générale, on peut parler d’une moralisation du contenu. C’est en effet en partant d’un anarchisme extrêmement moral, prescriptif, apologue du culte des « martyrs » [8] et soucieux des signes extérieurs de radicalité, de valeur, d’authenticité, d’honneur et donc nécessairement autoritaire, que le tenancier imposteur d’« Attaque » commente le monde. Ce n’était pas notre cas, puisque nous partions d’un anarchisme individualiste et anti-organisateur (nous y revenons dans un point suivant) opposé à toute forme de morale, instrument séculaire de la société dans la mise au pas des individus.
  • Ouverture de la ligne éditoriale du territoire dominé par l’État français à l’international. Pourquoi pas dirons nous, cela aurait pu être une bonne idée, mais pas sans la moindre cohérence éditoriale, dès lors on ne comprend plus pourquoi certains communiqués sont publiés et traduits et pas d’autres, puisqu’aucune explication n’est jamais donnée, ni sur les perspectives ni sur le projet lui-même, qui au départ, n’était pas le blog personnel d’affirmation idéologique, identitaire et politique d’un individu, mais un projet anonyme de diffusion des idées et surtout des pratiques anarchistes, qui justifiait ses choix éditoriaux et les considéraient comme tels (et à regarder de près la nouvelle ligne éditoriale très confuse de ce blog, nous sommes confortés dans la nécessite d’une certaine rigueur). Le texte de présentation d’Attaque a été retiré sans explications [9] et le sous-titre du blog (« Chronique de la guerre sociale en France ») que nous avons choisi au moment de la création du blog, est lui toujours présent (contrairement à de nombreuses parties de la structure qui ont changé, comme les liens, le texte de présentation qui motivait les choix du blog…). L’absence d’une définition honnête du projet et d’explications sur ses perspectives et motivations réelles permet donc désormais tous les opportunismes et l’entretien de la confusion la plus totale, que l’on cherche à recouvrir d’un voile d’ultra-radicalité affirmative et discursive pour créer un effet purement formel et social de clarté anarchiste indécrottable.
  • Une absence générale de rigueur qui n’est pas sans rapports, et qui se manifeste notamment par des formes d’illisibilités et par des traductions de google en dépit du sens des textes et de l’importance des mots choisis par les personnes qui attaquent, là où un soin tout particulier avait été apporté à cette question précise au moment de la création du blog, qui était aussi le produit de réflexions sur le caractère journalistique et les facilités d’une approche purement « contre-informative » sans fond, et d’une volonté d’éviter l’aspect « rubrique chiens écrasés » de la presse locale française ou de certains médias militants. Notre absence de CV universitaire, qui fait de nous des autodidactes réels, contrairement à nos esprits frappeurs (preuve s’il en est que les études donnent tout sauf des ailes), nous renforce dans l’idée que la question n’est pas la capacité des uns ou des autres en termes de traduction ou d’écriture, nous ne fustigeons pas même l’incompétence (qui aux yeux des valeurs du capitalisme est quasiment une forme de résistance), mais seulement le dévoiement de ce projet anarchiste collectif volé par un individu, qui aurait tout aussi bien pu créer son propre blog.
  • L’apparition, et ce malgré une forte prévention de ce genre de pratiques insécures qui ont déjà coûté cher à de nombreuses personnes à travers le monde, de communiqués « reçu par mail » sur des blogs ultra-identifiables et localisés par les forces de l’ordre. Tout le monde était d’accord jusque là que les communiqués d’attaque avaient tout intérêt à paraître en premier lieu sur des plate-formes plus « protectrices » et anonymisantes, comme Indymedia (en France, il n’y a pas d’entité protectrice de ce type qui soit anarchiste comme c’est le cas par exemple de « Round Robin » en Italie), plutôt que de tourner en circuit fermé entre anarchistes identifiables. Par ailleurs, l’insécurité d’un mail contenant une revendication dépend des deux parties, qui sont chacune liées par les mesures de sécurité prises par l’autre. Lorsque l’on ne se connaît pas, ou dans le cadre de l’anonymat, c’est une confiance donnée à l’autre qui s’apparente à des formes suicidaires. Autant de facteurs qui rendent impossible la perspective d’une moindre maîtrise de sa propre sécurité comme de celle des autres, et qui mène à de nombreuses autres incohérences. Celui-ci publie par exemple des communiqués « reçus par mail » avant de les republier sur Indymedia avec… la mention m’as-tu-vus « reçu par mail » par « Attaque », bref, le contraire de ce qui s’est toujours fait et qui serait protecteur ou sécurisant pour toutes les personnes impliquées. La publicité passant ici avant la sécurité. Dans ces conditions et dans la situation actuelle, il s’agit d’une mise en danger d’autrui. Dans d’autres pays, des revendications s’envoient par mail sur certains sites, mais il y a de l’organisation et de l’entente derrière. Le blog « Attaque » n’est pas (et n’avait pas pour but de devenir) une plate forme de ce type, et aucune mesure de sécurité assez sérieuse n’a été prise à sa création pour protéger les personnes qui enverraient leurs communiqués à l’adresse mail de ce blog. Qu’on se le tienne pour dit.
  • Apparition également d’une nouvelle ligne écologiste conservatrice, pour la défense de la « nature » et autres conceptions para-catholiques de la lutte contre l’existant (on remarquera par exemple de nouveaux concepts très biodynamiques dans le texte publié contre nous par le Bernard l’Hermite, où l’on parle par exemple d’« ondes ecocides » sic  !). Nous avions mis un accent particulier à ce que le blog relaye des attaques contre la technologie qui quadrille ce monde de merde, mais certainement pas pour « sauver la terre », l’« humanité », et encore moins l’idée moisie et théologique de « nature » ou autres balivernes catholico-humanistes dignes de Nicolas Hulot. Nous nous opposons à la dictature techno-scientifique et militaire qui fait usage de ses technologies pour nous dominer et faire de nous et en toute occasion ses cobayes, nous ne sommes pas des mystiques ou des partisans de l’« ecoextremisme » à la ITS. Pour aller plus loin sur la question des nuisances technologiques et du contrôle scientifique des populations, on pourra consulter chacun des numéros de Des Ruines (et notamment un grand dossier intitulé « Sociobiologie, quand la science justifie la domination sociale » dans le dernier), offrant des réflexions plus intéressantes sur la question de l’idée de « Nature » et de son usage, nous pensons, que le blog en question et ses invectives idéologiques qui se veulent ultra-radicales, mais qui ne font, en réalité, que reproduire et remâcher les discours des pires capitalistes verts.
  • Une autre des limites éthiques, et pas des moindres, que s’était fixé le blog au moment de sa création a été transgressée honteusement après son vol : la diffusion de textes qui défendent l’attaque indiscriminée, qui plus est, revendiquée en tant que telle.
  • Ultime transgression de la ligne éditoriale : la question des Organisations. Pour rappel, cette phrase, on ne peut plus limpide qui annonçait la création du site : « nous faisons le choix de ne jamais relayer de textes issus d’organisations, qu’elles soient politiques, gauchistes ou de lutte armée, car nous refusons toute logique organisatrice, aussi « informelle » ou anarchiste soit-elle ». Au lendemain du vol du blog ont commencé à être publié de nombreux textes d’organisations étrangères appelant elles-mêmes les anarchistes à former des organisations à leur tour (précisons à nouveau pour les plus incrédules, que, dépourvu de la moindre dignité, on nous le reproche dans les texte-poubelles cités ici).
  • Il y aurait tant d’autres choses encore mais voici probablement la plus grave : la publication de quelques communiqués qui ne servent qu’à attaquer d’autres ennemis de la société, chose à laquelle nous nous serions bien évidemment refusé à l’époque (et que les autres sites à l’époque n’ont d’ailleurs pas relayé, flairant le dérapage). Un communiqué qui singe la prose d’un des sites internet anarchistes les plus visés par la répression, plus précisément un communiqué de solidarité à travers les frontières avec les anarchistes poursuivis et incarcérés peu de temps auparavant dans la cadre de l’opération judiciaire-policiére « Scripta Manent » [10], les accusant, « contrairement à d’autres ici et ailleurs qui se contentent d’un peu de rhétorique sur leurs sites internet » en la signant « Quelques autres anarchistes solidaires de Paris ». Pointer ainsi du doigt d’autres anarchistes en les logeant à Paris dans le cadre d’un communiqué de revendication d’une attaque incendiaire contre des Autolibs pour expliquer qu’on a la plus grosse solidarité est d’abord minable et puéril, mais cela montre bien surtout à quel point l’attaque peut se retrouver instrumentalisée (et même ici pire encore : réalisée, en tout cas, peut-être, cet incendie ayant été remis en cause par un ou une piétonne dans les commentaires, dans le but de régler des comptes personnels), et de la plus délétère, abjecte et nocive des manières, contre des anarchistes qui se trouvent sous enquête rapprochée, certains déjà inculpés plusieurs fois pour des incendies similaires, comme beaucoup le savent. Un autre communiqué dont la signature imitait ostensiblement la signature bien existante d’un groupe de personnes (dont toujours le même compagnon lui-même accusé du même type d’incendies) réunies autour de l’écriture d’un livre, dans le but de mettre d’une manière ou d’une autre la police sur leur piste, tout cela avant de faire la leçon aux auteurs d’un autre communiqué revendiquant une attaque à Bruxelles en guise de post-scriptum. Ce ne sont là que quelques exemples, nous ne développerons pas plus pour des raisons évidentes de sécurité et nous n’en dirons donc pas plus sur la question et invitons chacun à faire ses propres recherches en ligne puisque le blog « Attaque » volé ne donne pas l’occasion de le faire qu’à la Police et aux juges d’instruction. L’attaque anarchiste ne vise pas à régler des comptes avec les autres anarchistes, encore moins à les faire accuser, ne l’oublions pas.

Pour conclure, ce blog, que j’ai donc contribué à créer à l’époque justement pour pouvoir relayer, par exemple, des attaques de pylônes, sert désormais, depuis que ses codes ont été volés par une personne qui avait été invitée à y contribuer, à faire circuler l’idée selon laquelle je serai contre les attaques de pylônes. Oui, c’est à la fois incroyable mais vrai, absurde et morbide, mais surtout ridicule.


 III) EN QUOI CETTE LOGIQUE MORTIFÈRE S’INSCRIT-ELLE DANS UN CONTEXTE LUI-MÊME MORBIDE ET CONTRIBUE-T-ELLE À LE RENFORCER ?

Il est extrêmement grave que la question des attaques et celle de la dissociation soient ainsi instrumentalisées. Le cynisme et la confusion entre les moyens et les fins complètent un climat de véritable dégénérescence des pratiques minimales permettant la confiance entre compagnons. On fait circuler les noms des gens par texto ou par mail, on murmure très fort sans se soucier de l’endroit où l’on s’exprime des points de vue inopportuns et dangereux pour les uns et les autres, on étale la vie privée de tel ou tel sans vergogne, sans même le ou les connaître parfois, on parle des attaques sans prendre la moindre précaution, on se fait porteur de fausses rumeurs propagées par des personnes qui savent ce qu’elles font. Des commentaires ou des spams obsessionnels se répandent publiquement sur les sites d’open publishing et les « réseaux sociaux » qui ne respectent plus rien de la sécurité ou de l’intégrité de chacun. Et que font nos parangons de grande vertu dans ce contexte ? Ils laissent faire, valident, donnent un semblant de tenue pseudo-théorique au trollage cynique afin de pouvoir régner en se pinçant le nez (ou même pas, si ça se trouve)…

Voilà de quoi on est responsable quand on traite avec aussi peu de sérieux des questions aussi fondamentales sur lesquelles tous ceux qui attaquent ce monde devraient au moins s’entendre.

Plusieurs textes ou projets font actuellement les frais de ces nouvelles mauvaises habitudes. Des personnes sont directement touchées dans leurs vies et dans leurs pratiques. Même des initiatives anti-répression peuvent être torpillées de la pire des manières par des trolls. Tout le monde s’en trouve fragilisé. Il est grand temps de cesser ce spectacle dégradant et dangereux dans une époque où la répression s’intensifie.

Que vivent les attaques d’antennes-relais !
Vive l’anarchie, vive la révolution, mort au COINTELPRO, aux bruits de couloir, aux polices politiques et à la répression interne !
Que mille attaques fleurissent contre le cerveau, les mains, les jambes et la connerie malveillante de ce monde normal et médiocre de gens normaux (aussi pseudo-« anarchistes » soient-ils) et de leurs ressentiments abjects et gangrenés !


Des « Je » et des « Nous » de
la revue anarchiste apériodique Des Ruines et du nom de plume Aviv Etrebilal.

 Annexe) A propos des luttes contre les frontières et pour la destruction des centres de rétention

Une cerise sur le mauvais gâteau livré à la hâte par le blog « Attaque » porte sur une question qui nous tient à cœur, alors vu qu’on tient le stylo, expliquons-nous sur la question. Sans aucun lien autre que la volonté de calomnier, le texte en question (qui, rappelons-le, se présente tout de même comme une chronologie d’actions directes contre les antennes-relais entre juin 2017 et mai 2019 !) convoque toute l’histoire de la lutte des sans-papiers depuis les années 90 en ajoutant au dossier d’accusation les propos suivants :
« les multiples textes publiés dans cette même revue [Des Ruines] qui visaient il y a peu à revisiter « la lutte contre la machine à expulser de 2006 à 2011 », étendant la chronologie aux années 90, où la « lutte » se plaçait en solidarité avec les sans-papiers », revendiquait une amélioration des conditions de survie (la régularisation) auprès du pouvoir (par des occupations de lieux symboliques du pouvoir notamment). Rien à voir donc avec celle lancée à partir de 2006 qui avait pour base une lutte directe et sans médiation contre l’État et ses collaborateurs,par des attaques diffuses contre les rouages des expulsions et de l’enfermement ». Dans ce tissu de réécriture idéologique qui revisite un épisode des luttes contre les frontières et sur les questions migratoires dont le Bernard l’Hermite est très très éloigné. et pour cause (peut-être un exemple de ce monde dont on a tout à apprendre et pas tout à lui apprendre, ce monde avec ses révoltes, ses épisodes subversifs, ses moments de lutte…) sectionne à la hache deux phases qui n’auraient rien à voir l’une avec l’autre. On reconnaît la thèse défendue dans un opuscule pour tout dire un peu honteux, cité d’ailleurs en référence : Liberté pour tous, avec ou sans papiers – Une lutte contre la machine à expulser (2006-2011), Mutines Seditions, Juillet 2017. Honteux par ce qu’il est : un recueil vendu en librairie et disponible à 8€ (+ 5,29 € de port) sur Price Minister (comme on l’apprend sur le site de Mutines Seditions, bien que l’on y parle de 3€ de frais de port [11]) de textes de lutte, tracts et brochures distribués évidemment gratuitement dans les rues. Honteux par sa raison d’être : régler son compte à une brochure écrite à l’occasion d’un des procès concernant cette phase de lutte, Le Vaisseau des Morts, distribuée gratuitement en version papier et toujours disponible en pdf, qui réunit le plus largement possible des documents et tente de réfléchir aux formes de continuités et de ruptures complexes qui ont fait l’intérêt et la richesse de cette période. Honteux par son discours falsificateur et les choix de textes opérés, choix univoques tordant la réalité pour glorifier une toute petite identité politicarde et défendre une tendance à coup de réécriture de l’histoire comme un vulgaire trotskiste. Ce qu’il y a de bien avec le Bernard l’Hermite c’est qu’il résume sans détours ni subtilité ce qui est effectivement l’essentiel du propos plus emballé dans le livre dans de la mielleuserie de politicien. Alors évidemment, plus rien ne tient debout dans cette lecture simplifiée. Non, les années 90 ne sont pas un moment où la lutte se plaçait « en solidarité avec les sans-papiers », c’est justement le moment où a été enfin critiquée cette perspective du soutien et où autre chose s’est expérimenté, une forme d’intervention autonome qui en a fait une lutte contre les frontières et l’enfermement, autre chose qui a donné non pas « des occupations de lieux symboliques du pouvoir » et c’est tout, mais des pratiques de lutte diverses, de jour comme de nuit, plus ou moins intéressantes, plus ou moins fécondes, mais sans cette rupture totale créée de toute pièce avec la phase suivante dans laquelle se serait inventée miraculeusement « une lutte directe et sans médiation contre l’État et ses collaborateurs, par des attaques diffuses contre les rouages des expulsions et de l’enfermement ». Peu importe que les pratiques qui se sont déployées après 2006 se soient appuyées sur des analyses, des concepts et des enquêtes élaborées depuis les années 90 et que ce soit évident à la lecture des textes réédités dans Le Vaisseau des Morts. Peu importe que ce soit bien avant 2006 que se soit développée l’idée qu’il fallait attaquer directement les rouages qui permettent à la machine à expulser de fonctionner, peu importe que les premières listes de constructeurs de centres de rétention, que les premières campagnes contre Air France, Bouygues, Accor ou la Croix Rouge ait été menées avec toutes sortes de mode d’action, à cette période-là, qu’on cherche déjà alors comment « saboter la machine à expulser » et que des textes publiés dans Le Vaisseau des Morts (dont certains s’acharnent à nier l’existence pour des raisons qui leurs appartiennent) en sont la preuve irréfutable pour quiconque ne serait pas de mauvaise foi ou aveuglé par les poutres de l’idéologie. Faire table rase d’un passé de luttes directes et sans médiations contre l’État et ses frontières ne nous semble pas judicieux (pour rester polis) en tant qu’anarchistes. Au lieu de considérer avec intérêt ces liens qui n’enlèvent rien aux différences variées entre les époques et les choix faits par leurs acteurs, il suffit de discréditer une brochure qui en réédite certains pour raconter ensuite n’importe quoi. Alors cette phase de lutte n’était pas exempte de contradictions et d’imperfections, tout le monde en conviendra. Mais la seconde l’a-t-elle été ? Peut-on sérieusement glorifier ainsi un moment d’une même réalité au détriment d’une autre dont on le sépare aussi artificiellement ? Ça s’appelle de la mythologie, c’est bon pour les nations, les peuples, les partis et la construction anhistorique de figures de leaders (par eux-mêmes, en prime…), car non, personne n’a été le premier à penser qu’il fallait attaquer ce monde et à le faire en 2006, personne ne peut s’auto-attribuer ce « mérite » un peu ridicule de véritable boutiquier. C’est une logique mortifère, encore une fois : absurde et morbide. Vive l’anarchie !


[1Le premier : « Quelques notes sur la dernière brochure éditée par Ravage », publié sur le blog « Sans attendre demain » (« pourriture.pdf ») et bien sûr, sur Indymedia Nantes avec un flot d’insultes en commentaires. Ce texte fait lui-même suite, bien que délocalisé pour cause de mauvaise odeur sur le blog cité précédemment, à un autre texte (« Lost in space », n°14) publié dans « Avis de tempête », journal diffusé sur Indymedia et Paris Luttes.Info, mais aussi sur « Attaque » (les ennemis de mes ennemis, etc..). Le second texte : « A propos d’attaques contre des nœuds sensibles de ce monde ultra-connecté (Juin 2017-Mai 2019), publié sur « Attaque » et ìndynantes, cette fois sans aucun déchaînement trollesque, retenue remarquable mais étonnante (les ennemis de mes ennemis, etc., ça ne marche pas à tous les coups on dirait et il arrive que chacun veuille rester maître de ses ordures…).

[2Profitons donc de cette note pour rappeler que le terme dissociation a un sens et une histoire. Le terme est popularisé par Toni Negri en tant que proposition politique, formulée depuis la prison où il est enfermé depuis la répression du 7 avril 1979 à l’adresse des autres prisonniers du mouvement, dans le document dit « des 51 » ou encore de « l’aire homogène de la dissociation » rendu public durant l’été 1982. Il s’agit de se dégager des accusations de terrorisme en « se dissociant » de toute responsabilité ou de tout rapport avec les formes de lutte armée ou en arme qu’elles incriminent. Plusieurs mis en examens répondront à cet appel (signé au départ par 51 prisonniers), ainsi que le groupe Prima Linea qui se dissociera en tant que groupe, mettant bien évidemment en plus mauvaise posture ceux qui choisissent d’assumer ces faits ou de ne pas s’exprimer sur la question. L’État italien poursuivra lui-même cette proposition en donnant aux dissociés un statut permettant des remises et aménagements de peine, statut dont la plupart des premiers dissociés, dont Negri, ne bénéficieront pas puisqu’il demande… de reconnaître ce dont on est accusé avant de s’en dissocier. La dissociation de Negri est donc plus radicale et presque plus nocive en terme de rapport à la lutte et au mouvement, puisqu’elle s’appuie sur la dénégation de tout rapport avec la lutte en arme ou armée. Ce statut, qui n’existe pas en tant que tel en France, s’ajoutera au statut de « repenti » pour faciliter le travail des enquêteurs et des juges et empirer gravement la situation des autres mis en examen. Ce terme peut dès lors s’employer pour qualifier tous discours publics ou toutes pratiques visant à « se séparer » de discours ou pratiques incriminées par l’État auxquelles on pense risquer d’être associé. La dissociation est quelque chose de sérieux, qui met d’autres gens en cause et en danger, et promeut en plus la connivence avec les catégories accusatoires de l’Etat qu’on valide en s’en démarquant. Cette attitude existe, hélas, et employer ce terme à tort et à travers risque fort de brouiller l’importance et la réalité des enjeux.

[3C’est nous qui soulignons. Ici, il s’agit de désigner quasi ouvertement des compagnons, par le biais d’une référence réellement ignoble à un projet anarchiste alors en activité et localisé à Paris, comme étant à l’origine non seulement de l’accusation de dissociation mais aussi… de l’attaque elle-même. Face à une telle « monstruosité pratique » qui met les deux pieds dans une « mécanique délatoire » (sic), les compagnons en question ont alors préféré se taire, pour ne pas se « dissocier », précisément, quitte à se retrouver tout à fait « associés » du point de vue de la justice et de la police… par un blog de « compagnons » qu’un procureur bien réel, lui, pourrait citer comme référence à charge dans le cadre d’une accusation judiciaire. Est-ce bien le rôle d’un site comme « Cette Semaine » ou les « Brèves du Désordre » de pointer du doigt publiquement d’autres anarchistes dans un tel contexte ?

[4« Quelques notes sur la dernière brochure éditée par Ravage » signée « Aviv Sudividnisel » (voir note 1).

[5« Attaque – Chronique de la guerre sociale en France », Paris-luttes.info, 5 mars 2014 (et toujours en ligne).

[6Retiré depuis pour les raisons expliquées dans ce texte, qui avaient été transmises de façon informelle, puisque nous ne voulions pas faire de publicité à cette personne et à son seul complice, « Diomedea », qui se nourrissent de la publicité, même mauvaise, comme les trolls qu’ils sont. On pourra lire le texte en question dans la note 9 de ce texte.

[7On peut d’ailleurs lire pourquoi et en en avoir le cœur net, en lisant le texte A fronte praecipitium, a tergo lupi, signé Aviv Etrebilal et publié dans le n°2 de Des Ruines, qui affirmait sans avoir cette fois jamais été accusé de « dissociation » : « Combien de communiqués signés ’’commando’’ ceci, ’’brigade’’ cela ou ’’cellule’’ machin ? Sommes-nous donc incapables de débarrasser notre référentiel de toute allusion aux modes d’organisation militaires des États ? Le formalisme aussi. Comment appeler autrement, ces dix dernières années, cette orgie de nouveaux logos, de nouveaux tampons de propriété, d’organisations avec des noms, des membres, des non-membres, des règles, des premiers cercles et des second couteaux que l’on utilise en conscience de cause. Non, il y a bien trop de contours, de frontières et de logiques organisationnelles pour parler d’informalisme. Ou alors l’informalisme équivaut à ce que mon dictionnaire appelle ’’formalisme’’. Dans de nombreux communiqués de différentes cellules de la FAI, on retrouve ces mêmes expressions qui nous avaient fait déserter les organisations : ’’organisons-nous, formons des fédérations, formons ceci, formons cela’’, et surtout, ’’rejoignez-nous’’… Et encore une fois, le but de l’organisation, formelle comme ’’informelle’’, devient le développement et la perpétuation à l’infini de l’organisation elle-même (la boucle est bouclée). Mais lorsque nous parlons d’’’organisation informelle’’, n’est-on pas là en plein dans l’oxymore ? »

[8A ce propos, comme le sait bien le Bernard l’Hermite, c’est d’autant plus scandaleux et infamant, dans le cadre de cette imposture, pour nous qui avions (puisqu’au point où ces anarchistes ont décidé que nous en sommes, les anonymats n’ont plus de sens pour personne ou presque dans ce milieu) rédigé et publié en juin 2013 en huit langues le texte Ni oubli ni cérémonie : Contre le culte de la charogne (et que l’on pourra relire dans le dossier « Ni héros ni martyrs : Contre le culte de la charogne » dans Des Ruines n°1) qui avait lancé une vive polémique sur le sujet à l’occasion d’un anniversaire de la mort d’un compagnon chilien dans un accident terrible suite à l’explosion involontaire de sa bombe au cours d’une attaque contre ce monde. Un extrait de ce texte : « Il n’y a aucune gloire dans le fait de mourir au combat. Le pouvoir réserve des conséquences morbides à nos choix de combattants, qu’il s’agisse du cachot, de la torture ou de la mort. Toutes ces mauvaises nouvelles font partie du contrat que nous avons signé avec nous-mêmes, dans le choix de la guerre à l’existant. Nous savons à quoi nous attendre, du plus beau au plus tragique, et nous sommes prêts, quelle que soit l’issue. Cette fois-ci elle fut fatale, mais cela ne fait pas de Mauricio un compagnon plus impliqué ou plus valeureux que n’importe quel autre combattant/te. Cette nuit-là, il a pris des risques comme tant d’autres chaque nuit, et le hasard nous l’a volé. Cela aurait pu être toi, moi, lui, elle ou n’importe quel autre individu pour qui l’anarchie n’est pas qu’une question de mots ou de postures. Beaucoup de nos compagnons sont morts au combat. Les Ravachol, Filippi et Morales de notre histoire sont nombreux, de mémoire plus ou moins vive, à exister encore dans chaque coup rendu, dans chaque assaut porté contre la domination. Et ce ne sont pas des martyrs, ils ne sont pas morts pour une cause, ils ne se sont pas sacrifiés. Ils sont morts en essayant de réaliser un rêve, ils ne se sont pas rendus et ils ont été tués. C’est tout. Rien ne les ramènera, ni une chanson, ni un poème, ni un discours, car il n’y a pas d’au-delà, il n’y a pas de héros, il n’y a pas d’ailleurs où guérir d’ici. »

[9Nous donnons à le lire ici, afin que chacun soit en capacité de mesurer l’ampleur de la trahison théorique :

« Attaque est un site de perspective anarchiste qui se donne pour but de relayer et de relier entre elles les différentes manifestations d’antagonisme au sein de la société, et contre elle. Les sources sont diverses, elles peuvent varier de la presse bourgeoise à laquelle nous n’accordons que peu de fiabilité en raison des intérêts qu’elle sert et de ses méthodes pour contrer les pratiques d’action directe (déformation/invisibilisation), à divers sites de contre-information où l’on peut retrouver des communiqués de revendication. L’attaque et la violence, qu’elles soient révolutionnaires et/ou révoltées, sont comprises ici comme partie intégrante de la guerre sociale en cours depuis toujours, qui oppose la domination à diverses formes de tensions vers la liberté. Aucune hiérarchie ne sera établie ici entre les actes de révoltes dits « politiques » et ceux dits « sociaux », nous laissons ces distinctions aux autoritaires d’un côté, et aux anarcho-populistes de l’autre. Nous faisons le choix de ne jamais relayer de textes issus d’organisations, qu’elles soient politiques, gauchistes ou de lutte armée, car nous refusons toute logique organisatrice, aussi « informelle » ou anarchiste soit-elle. L’exhaustivité étant bien sûr impossible dans le dépossédant megaflux d’informations virtuelles que représente internet, nous invitons qui le souhaite à contribuer en nous envoyant des choses que nous aurions raté, ainsi que des traductions à l’adresse x. »

[10Communiqué solidaire publié sur Non Fides en septembre 2016 et que l’on peut retrouver ici, bien qu’il ait été modifié depuis, réécriture contrainte par les jeux malsains joués avec le regard de la police par ces « anarchistes » sortis d’on ne sait où pour nuire gravement à tant d’autres compagnons et compagnonnes.

[11« Si vous souhaitez malgré tout passer commande par carte bancaire, une distro propose désormais ces livres sur Price Minister. Vous pouvez la retrouver ici (et dans ce cas il faut vous enregistrer sur ce site, et avez des frais de port d’environ 3 euros) », sur mutineseditions.free.fr/commandes.html.