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Italie : Révoltes suite à la mort d’un détenu au centre de rétention de Turin (+ quelques infos sur les luttes à l’intérieur)

dimanche 21 juillet 2019

Une personne est morte le 7 juillet au soir, au sein du CRA Brunelleschi à Turin, sa mort n’a été remarqué que le lendemain matin. Celle-ci avait demandé des soins suite à un viol subi au sein du centre de détention et aux blessures qui lui avaient été infligés lors de l’agression. En réponse, elle a été envoyé à l’isolement, pendant plus de dix jours, dans de très mauvaises conditions de santé (physiques et mentales) sous 40° avec seulement un litre d’eau potable (distribuée chaude) par jour. Les autres détenus dans les jours qui ont suivi l’incident, se sont jetés sur ses agresseurs, dont l’un a été plus tard déporté, l’autre arrêté.

Après avoir appris la nouvelle de sa mort, les détenus ont commencé une série de protestations, avec des battitures, le refus de nourriture et du bordel toute la journée avec des départs de feu (plusieurs matelas ont cramé). Dans la soirée lors d’un rassemblement devant le CRA en solidarité, des personnes dehors ont pu apercevoir des colonnes de fumé et entendre les cris de colère des détenus. Les flics sont intervenus en les tabassant, balançant des lacrymos et canons à eau pour mater la révolte à l’intérieur. Les protestations ont duré plusieurs jours.

Aux dernières nouvelles les détenus seraient tous en grève de la faim.

En 2008 une autre personne est morte de pneumonie au sein du CRA.

Les détenus sont de manière générale, « soignés » avec un cocktail de paracétamol et d’anxiolytiques, les ambulances n’entrent pas dans le CRA, sous prétexte qu’une infirmière est à « disposition » à l’intérieur du centre.

Quelques infos de plus :

À Rome, la section masculine du centre de détention de Ponte Galeria, restructurée et réouverte il y a environ un mois, a finalement été inaugurée de la meilleure façon possible : entre le 5 et le 6 juillet, une révolte a éclaté dans une des sections. Plusieurs dizaines de détenus se sont attaqués au mobilier et mis feu au matelats, et certains ont réussi à échapper aux forces d’intervention sur place. 12 personnes sont finalement parvenues à retrouver leur liberté. mais d’autres ont été arrêtés et renvoyés en détention.

Au CRA de Caltannissetta, en Sicile, 72 personnes se sont mises en grève de la faim pendant plusieurs jours pour protester contre les déportations de 18 personnes vers la Tunisie et contre la rétention. Ces derniers mois, des prisonniers avaient tenté à plusieurs reprises de s’opposer aux déportations, en se révoltant et en tentant de s’évader : les 3 février, 23 janvier et 28 décembre. Le centre a été réouvert début décembre 2018 après les travaux de rénovation, suite à la révolte du 9 décembre 2017, lorsque trois sections avaient été détruites par le feu. Après l’incendie, cinq personnes ont d’abord été arrêtées pour « dévastation et pillage », trois ont été acquittées et libérées et les deux autres ont été jugés, un a été acquitté et un autre a reçu une lourde peine de 10 ans.

Suite aux incendies et à la tentative d’évasion au CRA de Bari (Sud est de l’Italie), 7 personnes ont été arrêtés, dont 3 à l’intérieur du centre, les 4 autres étaient à l’extérieur lors de leur arrestation et ont été arrêtés dans différentes villes d’Italie.

En fRAnce, le 8 juillet, au sein du bâtiment 1 du CRA de Vincennes des détenus ont incendié une cellule pour protester contre leur enfermement et leurs conditions de vie au sein du CRA. (L’info est disponible sur le site abaslescra.noblogs.org).

À Lyon depuis mardi 2 juillet les détenus du centre de rétention administratif de Lyon Saint-Exupéry ont entamé une grève de la faim afin de dénoncer leur enfermement. (Leur communiqué est disponible sur le site rebellyon.info).

Fin juin, tout le bâtiment 9 du CRA2 de Mesnil-Amelot (en région Parisienne) a brûlé suite à la révolte des prisonniers. Quelques semaines plus tôt les prisons pour étranger·ère·s de Oissel puis de Rennes étaient en partie détruites par des révoltes (on apprend ces jours-ci qu’au CRA Rennes un drone aurait été utilisé afin de surveiller les détenus suite à un parloir sauvage).

[Résumé depuis hurriya.noblogs.org et autistici/macerie par Cracher dans la soupe.]